Mardi 5 août 2008 2 05 /08 /Août /2008 01:50

Malgré les apparences, le Chat Bichou est un être normal, il a besoin d'un travail pour survivre, sans quoi il se réveille la nuit, tout angoissé, avant de se rendormir pour se réveiller quelques heures plus tard, encore plus angoissé.

C'est dans cette humeur que je vis depuis le début du mois de juillet. Travailler sur appel, c'est bien. Sauf quand le téléphone ne sonne pas. Il a sonné tous les jours la semaine dernière. Mais nul ne sait, (pas même le Chat Bichou), quand il sonnera de nouveau. Une vérité s'impose : je suis presque sans travail.

J'ai eu vent d'une annonce pour un emploi qui pourrait me correspondre dans le quartier LaSalle. Pas très enthousiaste, je suis quand même allée voir sur mon plan où se trouvait LaSalle. C'est loin de la civilisation. Tellement loin que le quartier est à peine indiqué sur mon plan. J'ai donc dû aller voir sur Google Map où ça se situait. Loin, encore plus loin que tout ce que je pouvais imaginer.

Curieuse quand même, je suis allée en expédition sur place.

L'idée de dépasser la station Atwater ne m'ayant jamais effleurée auparavant, je me préparais à un voyage long, et embarquai donc un gros magazine, le dernier numéro de XXI, trimestriel français de 200 pages dont le troisième numéro est paru récemment. J'aurais bien le temps d'en achever la lecture.

Parce que pour me rendre à LaSalle, je devais aller jusqu'au terminus Angrignon. A ce sujet, je ne sais pas si vous le savez, mais lorsque vous atteignez le terminus, un message de la STM vous remercie d'avoir emprunter le réseau. C'est bien aimable.

Au fur et à mesure de ma progression sur la ligne verte, les passagers se faisaient plus "ethniques", comme dirait Jacques Parizeau. Il y avait notamment un garçon d'une dizaine d'années qui parlait asiatique (bien sûr que c'est une langue, l'asiatique) avec sa mère. Le regard fixé sur son bermuda, je réalisai tout à coup que le vêtement avait quelque chose de familier. Je me concentrai quelques secondes pour essayer de comprendre où j'avais vu ce motif : un coq avec trois FFF écrit en-dessous. Un bermuda de couleur bleu, avec les trois lignes Adidas le long de la jambe.

 Diable ! Ce jeune jaune portait un bermuda de l'équipe de France de football. A chaque fois que je vois quelqu'un porter un polo des Bleus à Montréal, je mets un certains temps à prendre conscience de l'incongruité  de la chose. On s'en fout des Bleus, à Montréal, non ? Enfin, quand on parle asiatique, on devrait s'en foutre selon moi. Retrouver des bofs footeux ici, c'est un peu rageant.

Où en étais-je ? Ah oui, mon voyage en métro vers Angrignon. Il a duré vingt-cinq minutes en tout. Arrivée à la station, avant que le wagon ne s'arrête complètement, j'eus le temps d'apercevoir à quoi ressemblait la station. C'est important, le look d'une station, parfois ça en dit long sur l'ambiance du quartier dans lequel on va débarquer. 

La station Angrignon est colorée. Une partie du mur a été peinte de plusieurs couleurs, pas trop vives mais quand même. Or, lorsqu'on se met à barioler les murs de couleurs gaies, c'est qu'on veut apporter un peu de gaieté. Et si on veut apporter un peu de gaieté, c'est parce qu'on soupçonne que ça en manque. 

Cela augurait mal de l'endroit où j'allais débarquer.  

En haut des escaliers, plusieurs panneaux annonçaient les options de sorties : train de banlieue, bus 23457887, bus 86677888, bus 5890876543, bue 99999765322. Il n'y a qu'une chose à comprendre dans ces cas-là : le quartier est impraticable à pied. J'aperçus d'ailleurs un parking juste à la sortie où j'imagine qu'il est conseillé de laisser sa voiture pour ne pas polluer la ville.

Toute perdue, je suivis un couple, qui se dirigeait vers le parc Angrignon, situé juste à la sortie du métro. A croire qu'il n'y avait pas d'autre issue que de traverser ce parc. Le soleil tapait très fort, j'étais un peu ridicule avec mon parapluie, et surtout paniquée à l'idée de marcher hors plan. Je ne pouvais pas suivre ce couple indéfiniment. Quand la nuit tomberait, dieu sait sur quel pervers j'allais tomber.


Parc Angrignon
Violée et sauvagement tuée

Je voyais déjà les titres du Journal de Montréal...

Au premier morceau de toit que je vis dépasser au-dessus des arbres, je quittai la douceur champêtre faussement rassurante du parc, soulagée. Devant moi apparut alors une rue de maisons toutes pareilles, avec, comme perspective au milieu de la rue, des grands entrepôts qui devaient être un centre commercial.

Mon colloc québécois avait donc raison. Avant de partir, je lui avais parlé de mon expédition : "Tu ne verras pas de bars là-bas comme sur le Plateau. les gens habitent là-bas parce qu'ils sont rassurés d'avoir un centre commercial énorme à proximité. Les gens qui vivent là-bas sont ceux qui ne supporteraient pas d'habiter sur le Plateau."

C'est surtout cette dernière phrase qui m'avait laissée perplexe. Il y avait donc des gens qui préféraient vivre en banlieue, sans aucun commerce à proximité, dans des rues toutes identiques aux pavillons sans charme ? Moi qui les plaignait de ne pas avoir les moyens de vivre au centre, j'avais bigrement mal analysé la situation.

Dans la rue pavillonnaire, je croisai un type qui promenait deux chiens-saucisses. Il me sourit. Plus loin, une grosse ménagère lisait sur son balcon (sans doute le dernier Danielle Steel ou un polar quelconque) et plus loin, sans mentir, je revis cette obèse qui était devant moi au guichet de la station Papineau lorsque j'achetais des tickets de métro.

Je l'avais remarquée pour deux raisons :
1) elle avait engueulé la guichetière, ce que j'avais trouvé vraiment grossier
2) elle avait un fauteuil roulant motorisé, avec guidon et tout et tout, qu'elle avait quitté le temps d'acheter ses tickets. C'est toujours une chose assez curieuse de voir un handicapé se lever (Jésus est mort depuis pas mal de temps et Lourdes n'est pas tout près de Montréal). Mails il paraît que c'est fréquent ici, quand on est très gros, de se promener en fauteuil. J'ai tendance à penser que ça n'aide pas à maigrir mais je ne me permettrais pas de jugement sur une personne handicapée. L'obésité, c'est un problème génétique, la barre de chocolat Mars que j'ai vu dépasser de la sacoche pendue au fauteuil roulant n'a rien à voir là-dedans. 

Dans une autre rue, j'ai vu un monsieur tondre sa pelouse et un peu plus loin, une dame tailler sa haie avec une paire de ciseaux. 

A part ces quelques clichés, je n'ai pas vu grand chose du quartier. D'une part parce que les distances étaient beaucoup trop longues pour être parcourues à pied, d'autre part parce que j'ai vite compris que c'était le genre d'endroit, qui, même traversé en voiture, ne donne à voir que des maisons à perte de vue.

Dans le métro du retour, je me suis fait draguer par un jeune type, qui, après avoir rencontré mon regard trois fois sur le quai du métro, a cru bon de tenter sa chance.

Il s'est installé à côté de moi dans le wagon et m'a subtilement demandé quel était le magazine que j'étais en train de lire.

Curieusement, à peine lui avais-je montré la couverture de XXI qu'il passait à autre chose, pour finalement me demander mon numéro de téléphone. Je lui tendis alors mon ticket de métro pour qu'il me laisse le sien, ce qui le fit bien rire, "on voit ce que tu vas en faire", me dit-il. Ben oui.

Tout de même, laissons le dernier mot à ce charmant étudiant tunisien de l'Uqam, qui habite présentement près de la station Monk (je le jure, il y a vraiment une station qui porte ce nom) et peut donc émettre une opinion plus éclairée que moi : "Y a que des vieux, il ne se passe rien, je veux m'installer sur le Plateau, d'ailleurs, là, j'y vais pour visiter un appartement."

Plein de bon sens, ce garçon. Pour la drague dans le métro, faudra quand même qu'il s'entraîne. Ailleurs.

Par Le chat bichou
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Lundi 28 juillet 2008 1 28 /07 /Juil /2008 04:18

Dans son livre No Logo, la journaliste Naomi Klein (qui n'est nullement top model, comme certains pourraient le croire) cite les propos d'un critique de publicité, Mathew McAllister, concernant le sponsoring commercial :

"En valorisant l'aspect commercial, le sponsoring dévalue simultanément ce qu'il sponsorise...Chaque fois que le commercial s'immisce dans le culturel, l'intégrite de la sphère publique est affaiblie par cet empiètement de la promotion commerciale."

Depuis le début de l'été montréalais, j'ai assisté à un concert General Motors, un concert Bell et un concert Molson Dry, marque la plus visible des trois puisqu'elle avait affiché son logo, géant, sur tout le pan arrière de la scène.

Impossible de prendre une photo du groupe de rock français Deportivo sans avoir le logo en plein cadre.

Naomi Klein devait d'ailleurs être dans les parages, puisq'elle en parle dans le livre que j'ai commencé aujourd'hui (alors que j'ai vu le concert vendredi soir).

"Les bières Molson ne se contentent plus d'afficher des bannières à logo lors des concerts de rock. On peut dire qu'elles ont lancé un nouveau genre de concert sponsorisé dans lequel les stars, des valeurs sûres, sont complètement eclipsées par la marque qui les accueille."

Je ne vois vraiment pas pourquoi elle dit ça. Ce n'est pas vrai. Ce n'est quand même pas une marque de bière qui pourrait éclipser un groupe. J'ai beaucoup aimé le concert. A la fin, déshydratée, j'ai eu l'envie de boire un verre. Je ne suis pas une grande amateure de bière mais j'avais brusquement envie d'une Molson.
Par Le chat bichou
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Dimanche 27 juillet 2008 7 27 /07 /Juil /2008 05:05


Un parti propre ? On dirait pourtant que le candidat a la tête dans la poubelle.
Par Le chat bichou
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Dimanche 27 juillet 2008 7 27 /07 /Juil /2008 05:03

Cet après-midi, je suis allée faire trempette dans une piscine montréalaise pour la première fois. Histoire de ne pas faire mentir mon C.V. qui affirme que je pratique la natation régulièrement. 
 
J'ai enfilé mon maillot de bain Speedo, acheté il y a trois mois, et qui me donne, après plusieurs mois d'inactivité totale, l'apparence d'un morceau de viande saucissonné par de la ficelle. Se nourrir aux pâtes n'a jamais fait maigrir personne, qu'on se le tienne pour dit. Rien à voir pourtant avec ces vieilles peaux que j'ai croisées au vestiaire, dont le corps flasque et tombant explique à lui seul le succès du Viagra. Encore qu'à leur âge, ces dames n'aient pas vraiment de raison de rougir, tandis qu'au mien, les excuses ne foisonnent pas pour justifier le spectacle de désolation qu'il m'arrive de croiser dans le miroir quand je m'habille le matin. 

La piscine communautaire, c'est bien parce que c'est gratuit. Mais ce n'est pas parce que c'est gratuit que c'est mal organisé. Les couloirs de nage sont en effet prévus pour tous les types de nageurs : lent, moyen et rapide. Pratique comme système, à ce détail près que lorsque vous choississez la ligne "lent", vous ne pouvez vous en prendre qu'à vous-même si ça va encore trop vite pour vous. Impossible de reprocher à vos co-nageurs de couloirs de se la pêter en nageant comme des fous, le problème vient forcément de vous.

Pas téméraire, j'ai choisi sans hésiter le couloir "lent", par chance peu fréquenté, la nature humaine étant peu portée à la modestie. Reconnaître qu'on est un nageur moyen, passe encore, de là à avouer qu'on nage comme une grand-mère, il y a des limites... que je franchis pour ma part sans peine, ma devise ayant longtemps été, sur l'exemple de Winston Churchill, "No sport !".

La première chose que je fais en rentrant dans l'eau, c'est de repérer une horloge, celle-ci étant l'indicateur inflaillible qui m'autorisera à sortir de l'eau une demi-heure tapante plus tard, afin de consacrer le reste de ma journée à des activités plus intéressantes.

Chaque coup de nageoire donné me rapproche de ladite horloge, dont la surveillance attentive est pour moi la part la plus captivante de la natation, chaque minute passée me rapprochant de la délivrance tant attendue. En nageant, je calcule dans ma tête à quelle heure je vais pouvoir partir, en prenant soin de soustraire une minute à l'heure de départ : l'horloge étant placée au bout du couloir de nage, il m'a bien fallu ce temps pour apercevoir l'heure à laquelle la séance avait commencé. 

On peut juger ce sens du détail un peu mesquin et peu sportif. Sauf que cette minute supplémentaire n'aurait nul raison d'être, sportivement parlant. Il paraît en effet que les muscles arrivent au bout de leur effort trente minutes après avoir commencé l'activité sportive (si, si, je l'ai lu quelque part). Continuer au delà de la demi-heure est donc parfaitement inutile pour "augmenter sa masse musculaire", comme disent les spécialistes, voire dangereux à cause de la fatigue encourue, qui ne pourrait mener qu'à un coup de barre, auquel il faudrait mettre fin en s'octroyant une bonne sieste.

La séance de torture terminée, la conscience en paix, je suis donc sortie du bassin à 16h09. J'étais rentrée dans l'eau à 15h39, faites le calcul, le compte y est. 

 

Par Le chat bichou
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Dimanche 27 juillet 2008 7 27 /07 /Juil /2008 05:02

Certes, il y a la loi 101. Mais ne pas parler anglais, quand on vit à Montréal, ou le parler avec un accent à couper au couteau, ça la fout quand même sacrément mal. Surtout dans un "pays" (comme dirait François Fillon), où les gens prononcent vraiment à l'anglaise les mots anglais qui se glissent dans des phrases en français.

Bien conscient de cette différence, un ami me fit brusquement remarquer alors que nous parlions musique et qu'il citait des groupes anglophones (que de toute façon, je ne connaissais pas) : "Quand je parle anglais, ça ressemble à du chewing gum pour toi, non ?" et gentiment, de se mettre à prononcer les noms de groupes anglais à la française. Je crois qu'il voulait me faciliter la comprenette, mais bon, c'était un poil humiliant quand même. 

Une autre fois, mon colloc', à qui je disais : "je suis allée voir Hulk au cinéma, j'ai bien aimé" se met à rire comme un malade. J'avais dit "ulque" et je ne voyais pas où était le problème. Lui si. Il faut dire "rheulk", avec le h- aspiré, même si ça donne l'impression que vous êtes en train de vomir un morceau de votre dernier repas. Je crois qu'il en a ri pendant une semaine, de mon "ulque".

Pour palier ce handicap, j'ai une partenaire de conversation. Elle s'appelle N., vient de l'Ontario et parle sacrément bien l'anglais. A toute vitesse. Je ne lui demande jamais de ralentir, après tout, c'est à moi de m'adapter.

Et je m'adapte...parfois. On se rencontre dans des cafés, on est allées voir un concert ensemble, un soir. Alors que je ramais pour la comprendre depuis un mois, ce soir-là, après une Heineken bien fraîche, je compris tout. Mon anglais avait fait un grand bond en avant, si je puis dire. Le miracle éthyllique, sans doute. Parce qu'après, c'est redevenu comme avant.

Hier, N. et moi sommes allées voir un film. Avant, on a bu un verre de vin, on a parlé un peu mais l'alcool n'avait pas eu le temps de faire son effet. Je ne comprenais donc qu'à moitié. Après la séance, on est allées manger un morceau.

Parler anglais pendant toute une soirée, ça fatigue. Lorsque le serveur nous a amené nos plats (soit exactement deux minutes trente-quatre secondes après qu'on eut commandé -c'était un fast-food de nouilles pas super chic), je me suis plongée dedans tout de suite, voyant avec plaisir la perspective d'une petite pause dans notre conversation. N. me regarda longuement d'un air un peu étonné et hésitant, et je ne compris pas tout de suite pourquoi. Jusqu'à ce qu'elle me signale que j'étais en train de manger ce qu'elle avait commandé.

C'était ce que tu avais commandé ?, me demanda-t-elle. Euh, ben je ne sais plus au juste, répondis-je un peu gênée. Mélanger du vietnamien et de l'anglais tout en gardant les idées claires, voilà bien quelque chose que je suis incapable de faire.

En fait, quand on a commandé, j'avais hésité entre les deux plats, tentai-je de me justifier. C'était faux mais ça avait le mérite d'expliquer mon étourderie. Je lui rendis son plat, pris le mien, qui avait l'air bien moins appétissant tout à coup. Gentille et polie, elle proposa qu'on partage.

Et notre conversation en anglais se poursuivit.

Le problème de N. n'est pas seulement qu'elle parle anglais très vite. Elle est aussi plus intelligente que moi.

Lorsqu'on lance N. sur la littérature, elle cite Foucault ("pas Jean-Pierre, l'autre", comme se croyait obligé de préciser mon prof de philo au lycée). Foucault, moi, je connais pas. Ni en anglais, ni en français. J'écoute donc N. parler. Elle aime bien argumenter sur les sujets qui l'intéressent, alors j'écoute en hochant la tête parce que c'est évident que je ne peux pas tout suivre.

Il arrive que ma concentration baisse. Alors je me mets à la regarder fixement mais je la sens un peu gênée. Hier, nous étions en terrasse sur la rue Saint-Laurent, et je pouvais regarder les filles passer. Et je la sentis gênée aussi. Elle doit croire que je ne m'intéresse pas à ce qu'elle dit. Ce qui est faux. J'ai seulement quelques moments d'absence.  

Prendre des cours de conversation, c'est comme aller voir un film en V.O.sans sous-titres. Quand vous sortez de la salle, impossible de dire si vous avez aimé le film. Comme si vous l'aviez vu dans le brouillard, sa complexité vous échappe.

C'est assez bizarre comme sentiment, ça me met un peu mal à l'aise. J'ai l'impression d'avoir des facultés réduites quand je passe une soirée avec N.. 

En fin de soirée, mon anglais est tellement mauvais que je n'arrive plus à faire de phrases, j'aligne des mots, qui semblent sortis de ma bouche à la truelle, et tout ce qui ressemble un peu au français est prononcé à la française. Et là, à mon grand plaisir, ce n'est plus moi qui ai du mal à comprendre, c'est N., dont le regard effaré en dit long sur la torture que j'inflige à sa langue maternelle. 

Par Le chat bichou
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